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L'EMPEREUR JULIEN (dit l'apostat)

 

- 1° partie -

 

 I. INTRODUCTION - HISTOIRE DE JULIEN

 

En 337 de notre ère mourut Constantin, le premier prince baptisé qu'ait connu l'Empire romain. Après sa mort, les membres de la famille impériale poursuivirent la lutte meurtrière pour le pouvoir que Constantin avait lui-même entamée en faisant exécuter son fils aîné. Elle fut si bien menée que bientôt les nombreux représentants mâles de cette grande famille, frères, fils et neveux de Constantin, avaient rejoint leurs ancêtres, à l'exception de deux hommes. Constance, un des quatre fils de Constantin, sortit vainqueur de l'épreuve pour régner jusqu'en 361. Un des neveux de Constantin, enfant de six ans en 337, échappa comme par miracle aux massacres ; son nom : Julien.

Après dix-huit ans de captivité, ou de liberté étroitement surveillée, Julien fut appelé d'Athènes à Milan pour y être créé César, c'est-à-dire proche collaborateur de l'Empereur Constance (355). Il devait cette promotion à Eusebia, femme de Constance, qui se montrait bienveillante envers Julien. Ce dernier cependant, arraché à ses études et se voyant confier une charge fastidieuse et dangereuse, était en proie au désespoir :

 

"Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le même toit que ceux dont je savais qu'ils avaient miné toute ma famille, et dont je soupçonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. J'ai versé des torrents de larmes, j'ai poussé des gémissements. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je reçus l'appel, et j'ai prié Athéna de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Beaucoup d'entre vous m'ont vu et en sont témoins. La déesse même, plus que quiconque, sait que je lui ai demandé de me faire mourir à Athènes plutôt que de me laisser faire ce voyage. Or, la déesse n'a pas trahi ni abandonné son suppliant ; elle l'a montré par des faits. Car partout elle m'a guidé, et de tous côtés elle m'a entouré d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avait accordés. " (Lettre aur Athéniens, 274d-275b).

 

 

Julien illustre cette protection divine par un exemple :

"Arrivé à Milan, je résidais dans une des banlieues. Là, Eusebia me faisait souvent parvenir des messages bienveillants ; elle m'exhortait à écrire sans crainte sur tout ce dont j'avais besoin. Je lui écrivis une lettre, ou plutôt une supplique avec des serments de ce genre : "Puisses-tu avoir des enfants pour héritiers ! Que Dieu te donne ceci et cela ! Mais renvoie-moi chez moi le plus vite possible !" Je soupçonnais cependant qu'il n'était pas sans danger d'envoyer au palais des lettres adressées à la femme de l'Empereur. La nuit, j'ai donc supplié les dieux de me révéler s'il fallait envoyer la lettre à l'Impératrice. Ils me menacèrent d'une mort ignominieuse, si je l'envoyais. Ce que j'écris là est la vérité ; j'en appelle au témoignage de tous les dieux. Voilà pourquoi je me suis gardé d'envoyer la lettre." (Ibid., 275b-d)

Guidé par les signes que lui envoient les dieux, Julien conclut en son for intérieur :

"Tu es prêt à flatter et à aduler par crainte de mourir ! Mais il t'est possible de tout laisser tomber et de laisser les dieux agir comme ils veulent, en leur confiant le soin de s'occuper de toi, comme Socrate par exemple jugeait à propos de faire. Tu peux faire, dans la mesure du possible, ce qui dépend de toi, mais tu peux faire dépendre des dieux toute l'affaire. Ne cherche pas à acquérir ni à ravir quoi que ce soit, mais reçois en toute sécurité ce qu'ils te donnent." (Ibid., 276c-277a)

Désormais revêtu du titre et du manteau de César, Julien est cllargé de chasser du territoire de la Gaule les Germains qui l'avaient envahi. Constance lui-même les avait jadis invités pour qu'ils l'aident à mâter une révolte gauloise contre le pouvoir impérial, mais leur présence à l'intérieur de l'Empire était à présent embarrassante. Dépourvu d'expérience militaire, entouré d'officiers hostiles et d'un nombre restreint de soldats, Julien réussit en cinq ans à repousser les Germains, à semer la terreur parmi eux au-delà du Rhin, à renforcer les frontières, à rebâtir les villes dévastées de la Gaule, à faire revivre l'agriculture et l'industrie abandonnées, et à prendre des mesures qui assuraient au pays une paix enfin retrouvée.

Il ne falllut pas moins que ce succès inespéré pour susciter chez Constance, jaloux et craignant toute rivalité, les plus vives inquiétudes. Il rappela Julien et ses légions vers Constantinople, où il se trouvât alors. Scrupuleux et honnête, Julien se disposait à obéir, malgré le grand danger qu'impliquait cette soumission. Mais ses légions fidèles l'acclamèrent soudain comme leur nouvel Empereur. S'il répondait à leur désir, ce serait la guerre civile. Julien lui-même décrit comme suit la tournure que prirent les événements :

"Les légions arrivèrent ; comme d'habitude, j'allai à leur rencontre et je les exhortai à continuer leur chemin. Pendant un jour, elles restèrent sur place, et jusque là j'ignorais tout de leur dessein. Zeus, le Soleil, Arès, Athéna et tous les dieux peuvent témoigner qu'une telle pensée ne m'a pas effleuré l'esprit jusqu'au soir même ! Il était déjà tard, vers le coucher du soleil, lorsque la chose me fut annoncée. Aussitôt, le palais était entouré, et tous criaient, alors que je réfléchissais encore à ce que j'avais à faire et que je n'étais pas encore très confiant. Ma femme vivait encore et le hasard voulut que j'étais monté à l'étage pour