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L'EMPEREUR JULIEN (dit l'apostat)

- Suite -

 

 I. INTRODUCTION

 

Julien fut le témoin direct de l'éclosion du christianisme. Désireux d'insuffler une vie nouvelle au paganisme expirant, il rencontre dans les chrétiens des adversaires de taille. Il les attaque avec virulence dans ses écrits, notamment dans son traité intitulé Contre les Galiléens. Ce nom fait allusion au berceau du christianisme, la Galilée, mais rappelle aussi la parole scripturaire: "De la Galilée ne surgit point de prophète" (Jean, 7, 52). Julien s'en prend surtout aux païens convertis, dont le nombre avait vite dépassé celui des chrétiens juifs.

 

 

Julien ne fut pas le premier païen à dénoncer la subversion chrétienne. Celse l'avait précédé au IIe siècle, et Porphyre au IIIe (2). Au IVe, les critiques formulées par Julien n'ont peut-être pas fondamentalement changé. Mais à la fois par leur abondance et par leur longueur, elles permettent, beaucoup mieux que les invectives de Porphyre par exemple, de cerner le point de vue des païens instruits à l'égard de la nouvelle religion. Les nombreux fragments du traité contre les chrétiens ont pu être extraits d'un ouvrage de réfutation, écrit au Ve siècle par saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie. Celui-ci considère le traité comme particulièrement dangereux et reconnaît que beaucoup de croyants en ont été ébranlés.

Nous croyons, quant à nous, que si les critiques de Julien sont dénuées de fondement, elles ne nous touchent pas ; si elles ne le sont pas, rien ne nous oblige à nous identifier aux chrétiens qu'il attaque ; ou si nous le faisons, il nous est loisible d'en tirer humblement des leçons. De toute manière, Julien a depuis longtemps quitté ce monde, ce qui nous décharge du pénible et fastidieux devoir (?) de faire son procès.

Pour nous mettre d'emblée dans l'ambiance, citons tous les noms dont Julien traite les chrétiens. Curieusement, nombre d'entre eux sont précisément ceux dont les chrétiens ont cru devoir affubler les païens. Passons sur l'accusation julienne, souvent répétée, selon laquelle les chrétiens seraient des misérables, des malades, des insensés. Mais pourquoi, diable ! insiste-t-il sur leur état crasseux, sur leur conduite éhontée, sur leur audace ou "culot" ? Et pourquoi un Romain instruit, qui a l'habitude de reconnaître dans chaque religion ou philosophie authentique l'accent de vérité, excepte-t-il précisément les chrétiens en dénonçant leur ERREUR ? Les chrétiens, ajoute-t-il, affabulent. Ils sont superstitieux. Pire, ce sont des impies et des athées. Pire encore, ils sont d'inspiration démoniaque. Ou ce qui est peut-être plus grave, ce sont des infidèles, des apostats et des hérétiques, qui se répandent en blasphèmes. Pour tout dire, les chrétiens sont de véritables PAIENS ! (3)

A la lecture de ces reproches, on est