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L'EMPEREUR JULIEN

-2° partie - suite

 

V. POLITIQUE DE JULIEN

 

Comment Julien s'est-il comporté envers les chrétiens ? Avant son ascension au trône impérial, les circonstances étaient manifestement telles qu'il était obligé de cacher sa foi païenne. Une lettre de son frère Gallus montre que, malgré les rumeurs, l'Apostat réussissait à duper ses proches :

"On nous a dit que tu avais abandonné la religion que tu pratiquais auparavant, celle qui fut transmise par nos ancêtres ; que conseillé et excité par un aiguillon funeste, tu avais accédé à cette vaine superstition... Chagriné par cette nouvelle, je fus ragaillardi par la présence de notre père Aétius (15), qui m'annonça que le contraire était vrai, et c'est ce que je souhaitais entendre. Car selon ses dires, tu fréquentais les maisons de prières, et tu ne te laissais pas distraire du souvenir des martyrs. Il était affirmatif : tu adhérais corps et âme à la piété des nôtres." (Lettres, LXXXII, 454c-d) 

 

 

Julien raconte lui-même comment, arrivé à l'illustre ville de Troie, il prétexta devant un évêque son désir de visiter la ville, pour pouvoir se rendre dans les temples antiques. Lors de la visite, un subtil dialogue s'engage, où Julien tâte le terrain avant de s'apercevoir que l'évêque, qui répond avec la même prudence, s'avère partager sa foi païenne :

"D'après ce qu'il nous a souvent dit, c'était pour sauver les sanctuaires des dieux qu'il s'était revêtu de ces haillons (!) et qu'il avait pris le masque de l'impiété. Car manifestement il ne s'est jamais attaqué à aucun temple, exception faite pour quelques pierres d'une auberge, et cela afin qu'il lui fût possible de sauver le reste." (Lettres, XIX)

Ces quelques extraits montrent que les chrétiens, exerçant une espèce de terreur, intimidaient ceux qui confessaient le paganisme. Une fois arrivé au pouvoir, Julien peut se montrer sous son véritable jour et déclarer : "Je fais la guerre au Chi" (Misopogon, 360d), ladite lettre grecque étant la première du nom du Christ. Il s'inspire d'Homère pour dire :

"Ma religion m'interdit de soigner ou de prendre en pitié des hommes que les dieux immortels détestent (16)." (Lettres, XXII, 432a)

 

Cela dit, Julien fait plutôt preuve de tolérance à l'égard des chrétiens. S'il faut parler de son intolérance, disons que celle-ci consiste en un refus de réintégrer à la légère, au sein de la religion païenne, les apostats ; et il s'agit encore moins de les forcer !

"J'ai annulé l'exil, en général, de tous ceux qui, d'une manière ou autre, avaient été bannis par feu Constance et sous l'effet de la folie des Galiléens (17)." (Lettres, XV, 404b)

"Je croyais que les chefs des Galiléens seraient plus reconnaissants à mon égard qu'à l'égard de celui qui a exercé le pouvoir avant moi. Car sous son règne à lui, la majorité d'entre eux a connu l'exil, la persécution et la prison. En outre, un grand nombre de ceux qu'on appelle hérétiques a été massacré, par exemple à Samosates, à Cyzique, en Paphlagonie, en Bithynie et en Galatie. Chez beaucoup d'autres peuples, on a pillé et dévasté de fond en comble les villages. Mais sous mon règne, c'est tout le contraire ! Car les exilés ont été acquittés, et les prisonniers, grâce à une loi que nous avons proclamée, ont pu recouvrer tous leurs biens.

Mais voilà qu'ils en arrivent à un tel degré de fureur et de folie qu'ils s'exaspèrent, du fait qu'il ne leur est pas possible de se conduire en tyrans, ni de continuer à faire les uns aux autres ce qu'ils se faisaient jadis, avant de s'en prendre à nous qui adorons les dieux. Ainsi, ils retournent chaque pierre, et ils ont l'audace d'agiter les foules et de les pousser à la révolte. En cela, ils se révèlent impies envers les dieux et désobéissants à nos ordres qui font pourtant preuve de tant d'humanité !

A titre d'exemple, nous ne permettons pas qu'aucun d'entre eux soit traîné contre son gré vers les autels. Notre ordre à leur égard est explicite : si quelqu'un désire participer avec nous aux ablutions et aux libations, il doit d'abord offrir des sacrifices de purification et invoquer les dieux qui écartent le mal. Nous sommes donc bien loin du désir ou de l'intention de faire participer un de ces impies à nos saints sacrifices, avant qu'ils n'aient purifié leur âme par les litanies qu'on adresse aux dieux, et leur corps par les purifications d'usage." (Lettres, XXXXI, 436a-d)

"Quant à vous, gens de la foule, soyez solidaires entre vous, et que personne ne se montre rebelle ou injuste. Que ceux qui sont dans l'erreur ne maltraitent pas ceux qui honorent les dieux avec droiture et justice, et selon nos traditions séculaires. Et que ceux qui servent les dieux ne détruisent ni ne pillent les maisons de ceux qui errent plutôt par ignorance que consciemment. Car c'est par des paroles raisonnables qu'il faut persuader et instruire les hommes, non par des coups, des outrages ou de la violence physique. Je le répète, et j'exhorte souvent ceux qui suivent la voie de la vraie pitié, de ne commettre aucune injustice à l'égard des foules des Galiléens, de ne pas les attaquer, ni de les outrager. Il faut plutôt plaindre que haïr ceux qui se portent mal dans un domaine de la plus haute importance. Car le plus important des biens, en vérité, c'est la piété ; par contre, parmi les maux, c'est l'impiété. Il s'ensuit que ceux qui se sont détournés des dieux pour se tourner vers les morts et les reliques, sont punis par là-même. Car nous compatissons avec