L'EMPEREUR JULIEN

-2° partie - suite

V. POLITIQUE DE JULIEN

Comment Julien s'est-il comporté envers les chrétiens ? Avant son ascension au trône impérial, les circonstances étaient manifestement telles qu'il était obligé de cacher sa foi païenne. Une lettre de son frère Gallus montre que, malgré les rumeurs, l'Apostat réussissait à duper ses proches :

"On nous a dit que tu avais abandonné la religion que tu pratiquais auparavant, celle qui fut transmise par nos ancêtres ; que conseillé et excité par un aiguillon funeste, tu avais accédé à cette vaine superstition... Chagriné par cette nouvelle, je fus ragaillardi par la présence de notre père Aétius (15), qui m'annonça que le contraire était vrai, et c'est ce que je souhaitais entendre. Car selon ses dires, tu fréquentais les maisons de prières, et tu ne te laissais pas distraire du souvenir des martyrs. Il était affirmatif : tu adhérais corps et âme à la piété des nôtres." (Lettres, LXXXII, 454c-d)

Julien raconte lui-même comment, arrivé à l'illustre ville de Troie, il prétexta devant un évêque son désir de visiter la ville, pour pouvoir se rendre dans les temples antiques. Lors de la visite, un subtil dialogue s'engage, où Julien tâte le terrain avant de s'apercevoir que l'évêque, qui répond avec la même prudence, s'avère partager sa foi païenne :

"D'après ce qu'il nous a souvent dit, c'était pour sauver les sanctuaires des dieux qu'il s'était revêtu de ces haillons (!) et qu'il avait pris le masque de l'impiété. Car manifestement il ne s'est jamais attaqué à aucun temple, exception faite pour quelques pierres d'une auberge, et cela afin qu'il lui fût possible de sauver le reste." (Lettres, XIX)

Ces quelques extraits montrent que les chrétiens, exerçant une espèce de terreur, intimidaient ceux qui confessaient le paganisme. Une fois arrivé au pouvoir, Julien peut se montrer sous son véritable jour et déclarer : "Je fais la guerre au Chi" (Misopogon, 360d), ladite lettre grecque étant la première du nom du Christ. Il s'inspire d'Homère pour dire :

"Ma religion m'interdit de soigner ou de prendre en pitié des hommes que les dieux immortels détestent (16)." (Lettres, XXII, 432a)

Cela dit, Julien fait plutôt preuve de tolérance à l'égard des chrétiens. S'il faut parler de son intolérance, disons que celle-ci consiste en un refus de réintégrer à la légère, au sein de la religion païenne, les apostats ; et il s'agit encore moins de les forcer !

"J'ai annulé l'exil, en général, de tous ceux qui, d'une manière ou autre, avaient été bannis par feu Constance et sous l'effet de la folie des Galiléens (17)." (Lettres, XV, 404b)

"Je croyais que les chefs des Galiléens seraient plus reconnaissants à mon égard qu'à l'égard de celui qui a exercé le pouvoir avant moi. Car sous son règne à lui, la majorité d'entre eux a connu l'exil, la persécution et la prison. En outre, un grand nombre de ceux qu'on appelle hérétiques a été massacré, par exemple à Samosates, à Cyzique, en Paphlagonie, en Bithynie et en Galatie. Chez beaucoup d'autres peuples, on a pillé et dévasté de fond en comble les villages. Mais sous mon règne, c'est tout le contraire ! Car les exilés ont été acquittés, et les prisonniers, grâce à une loi que nous avons proclamée, ont pu recouvrer tous leurs biens.

Mais voilà qu'ils en arrivent à un tel degré de fureur et de folie qu'ils s'exaspèrent, du fait qu'il ne leur est pas possible de se conduire en tyrans, ni de continuer à faire les uns aux autres ce qu'ils se faisaient jadis, avant de s'en prendre à nous qui adorons les dieux. Ainsi, ils retournent chaque pierre, et ils ont l'audace d'agiter les foules et de les pousser à la révolte. En cela, ils se révèlent impies envers les dieux et désobéissants à nos ordres qui font pourtant preuve de tant d'humanité !

A titre d'exemple, nous ne permettons pas qu'aucun d'entre eux soit traîné contre son gré vers les autels. Notre ordre à leur égard est explicite : si quelqu'un désire participer avec nous aux ablutions et aux libations, il doit d'abord offrir des sacrifices de purification et invoquer les dieux qui écartent le mal. Nous sommes donc bien loin du désir ou de l'intention de faire participer un de ces impies à nos saints sacrifices, avant qu'ils n'aient purifié leur âme par les litanies qu'on adresse aux dieux, et leur corps par les purifications d'usage." (Lettres, XXXXI, 436a-d)

"Quant à vous, gens de la foule, soyez solidaires entre vous, et que personne ne se montre rebelle ou injuste. Que ceux qui sont dans l'erreur ne maltraitent pas ceux qui honorent les dieux avec droiture et justice, et selon nos traditions séculaires. Et que ceux qui servent les dieux ne détruisent ni ne pillent les maisons de ceux qui errent plutôt par ignorance que consciemment. Car c'est par des paroles raisonnables qu'il faut persuader et instruire les hommes, non par des coups, des outrages ou de la violence physique. Je le répète, et j'exhorte souvent ceux qui suivent la voie de la vraie pitié, de ne commettre aucune injustice à l'égard des foules des Galiléens, de ne pas les attaquer, ni de les outrager. Il faut plutôt plaindre que haïr ceux qui se portent mal dans un domaine de la plus haute importance. Car le plus important des biens, en vérité, c'est la piété ; par contre, parmi les maux, c'est l'impiété. Il s'ensuit que ceux qui se sont détournés des dieux pour se tourner vers les morts et les reliques, sont punis par là-même. Car nous compatissons avec ceux qui sont en proie à quelque mal, et nous nous réjouissons avec ceux que les dieux délivrent et acquittent." (Ibid., 438a-c)

"Par les dieux ! je ne désire pas, pour ma part, que les Galiléens soient tués ou frappés injustement, ni qu'ils souffrent quelqu'autre mal. Cependant, on doit préférer les hommes pieux, voilà ce que j'affirme absolument. Car il s'en est fallu de peu que la sottise des Galiléens ne renverse tout, et que la bienveillance des dieux ne nous sauve pas tous. C'est pourquoi, il faut honorer les dieux ainsi que les hommes et les cités dont le caractère est pieux." (Lettres, XXXVII, 376c-d)

Pour préserver pur de toute influence chrétienne le culte païen, Julien va même jusqu'à exclure de la prêtrise ceux qui "souffrent que leurs serviteurs, fils ou femmes soient impies envers les dieux, et souffrent qu'ils préfèrent l'athéisme à la piété." (Lettres, XXII, 430b) D'autre part, pour que le paganisme ne perde ses adhérents, il encourage ses prêtres à imiter, ou plutôt à reprendre en main les bonnes oeuvres que pratiquent avec succès les chrétiens :

"Ne permettons pas à d'autres de rivaliser avec nous en bonnes oeuvres, pour que notre propre négligence ne nous amène pas à déshonorer, ou plutôt à abandonner la piété due aux dieux." (Ibid., 431b)

Jusqu'ici, on peut dire que les mesures prises par Julien sont positives, en ce sens que l'Empereur ne combat pas le christianisme en essayant de le détruire directement, mais plutôt en tentant de revaloriser le paganisme, sans doute pour que le christianisme puisse peu à peu s'évanouir spontanément, comme une maladie passagère. Au chapitre précédent, nous avons déjà vu comment Julien essaya de détromper les chrétiens en mettant en lumière les machinations de leurs évêques. Une mesure plus vexatoire à l'égard des "fidèles" concerne l'enseignement scolaire. Nous citerons en entier la lettre de Julien à ce sujet. La question abordée ne manque pas d'actualité.

"Nous sommes d'avis qu'une éducation correcte ne se révèle pas par des paroles et par un langage à la cadence pompeuse, mais par une dispositon saine de l'esprit, avec du bon sens et des opinions vraies sur ce qui est bon et mauvais, noble et vil.

Par conséquent, quiconque pense une chose, mais en enseigne une autre à ses proches, semble manquer autant à l'éducation qu'aux qualités d'un honnête homme. Si la différence entre opinion et langage ne concerne que des choses de peu d'importance, c'est un mal, mais un mal qu'il y aurait encore moyen de supporter. Mais si dans des domaines de la plus grande importance, on pense une chose, et qu'on enseigne le contraire de ce qu'on pense, comment cette conduite ne serait-elle pas celle de marchands, d'hommes sans aucune honnêteté, mais tout à fait fourbes, qui apprennent aux autres ce qu'ils tiennent eux-mêmes avant tout pour vil, qui trompent et appâtent par des éloges ceux qu' ils désirent voir adopter ce qui leur appartient, je veux dire des choses vicieuses ?

Tous ceux donc qui font profession d'enseigner quoi que ce soit, doivent être honnêtes dans leur conduite, et éviter de changer de caractère et de garder en leur for intérieur des opinions contraires à leurs opinions publiques. Plus encore, et avant tout, ces qualités doivent à mon avis appartenir à ceux qui fréquentent les jeunes dans le domaine de la langue, je veux dire quand ils expliquent les écrits des Anciens, qu'ils soient orateurs ou grammairiens, et plus encore les sophistes. Car ces derniers aspirent à enseigner aux autres non seulement les mots, mais aussi l'éthique, et ils prétendent que d'eux dépend la philosophie politique (laissons ici la question si la chose est vraie ou non).

Je l'approuve s'ils cherchent à atteindre le but si noble qu'ils professent ; mais j'approuverais davantage, s'ils ne mentaient pas et s'ils ne se convainquaient pas eux-mêmes du crime de penser une chose et d'en enseigner une autre à leurs proches.

Où veux-je en venir ? Homère, Hésiode, Démosthène, Hérodote, Thucydide, Isocrate et Lysias se faisaient guider et éduquer en tout par les dieux. Ne croyaient-ils pas être consacrés, qui à Hermès, qui aux Muses ? Il est absurde, à mon avis, que les exégètes de leurs écrits n'honorent pas les dieux qu'honoraient ces auteurs.

Toutefois, ce n'est pas parce que je crois la chose absurde, que j'irai jusqu'à dire de changer leurs dispositions avant de fréquenter les jeunes. Je donne plutôt le choix : ne pas enseigner ce qu'ils ne tiennent pas pour bon, ou bien, s'ils veulent enseigner, d'abord réellement convaincre leurs élèves que ni Homère, ni Hésiode, ni aucun autre de ces auteurs qu'ils expliquent et qu'ils ont accusés d'impiété, de folie et d'erreur à l'égard des dieux, n'est effectivement tel. Car actuellement, en tirant leur subsistance et leur salaire des écrits de ces auteurs, ils ne font que confesser leur honteuse cupidité et se montrent prêts à tout pour quelques drachmes.

Jusqu'ici, il est vrai, il y avait beaucoup de bonnes raisons pour ne pas fréquenter les temples ; la terreur nous menaçait de partout et pouvait excuser ceux qui cachaient, au sujet des dieux, des opinions tout à fait conformes à la vérité. Mais puisque les dieux nous ont rendu la liberté, il me paraît absurde que les hommes enseignent ce qu'ils ne tiennent pas pour bon. S'ils croient sages ceux dont ils sont les exégètes et dont ils exercent en quelque sorte la fonction d'interprètes, qu'ils imitent d'abord leur piété envers les dieux. Mais s'ils supposent que ces auteurs sont dans l'erreur au sujet de ceux qui méritent le plus nos hommages, qu'ils entrent dans les églises des Galiléens pour expliquer Matthieu et Luc, puisque c'est en leur obéissant que vous prescrivez l'abstention des sacrifices.

Pour ma part, je désire que vos oreilles et votre langue soient, comme vous diriez, régénérées, je veux dire là où il s'agit de choses auxquelles je souhaite toujours avoir part, et non seulement moi, mais quiconque pense et pratique ce qui m'est cher.

Les précepteurs et les enseignants sont donc soumis à cette loi générale. Par contre, on n'exclura aucun jeune qui désirerait aller à l'école (18). Car il n'est pas raisonnable d'exclure de la meilleure voie qui soit, des enfants qui ignorent encore laquelle suivre, et de les mener, par la terreur et contre leur gré, aux croyances de leurs pères. Il serait pourtant juste de faire comme avec les délirants et de les guérir contre leur gré, sans compter qu'on pardonne à tous ceux qui ont cette maladie. Car à mon avis, il faut instruire, non punir les insensés." (Lettres, XXXVI, 422a-424a)

Rien ne contribue autant à la formation de l'esprit et de l'intelligence que l'étude des écrits païens. Les chrétiens en sont conscients, et Julien exprime son appréhension "qu'ils n'aiguisent leur langue et qu'ils ne soient disposés ainsi à s'opposer aux Grecs dans un débat." (frg. 6) Ailleurs, il précise :

"Nous sommes frappés par nos propres flèches, comme dit le proverbe. Car ils cherchent leurs armes dans nos écrits pour entamer une guerre contre nous." (frg. 7)

Ces poètes et ces orateurs, que des années durant, les élèves lisent, analysent, étudient et approfondissent dans nos écoles chrétiennes (surtout dans les plus traditionalistes d'entre elles !), invoquent bien les dieux et se réclament d'une inspiration païenne. Mais des textes tant appréciés pour tout ce qu'ils apportent à l'homme individuel et à l'humanité, pour leurs valeurs profondes, philosophiques, morales, poétiques ou intellectuelles, pour leur caractère propre à aiguiser les facultés mentales du lecteur, à développer ses capacités de raisonnement et son sens critique, - ces textes peuvent-ils encore sérieusement être regardés comme étant d'inspiration démoniaque ? Il y a là, à première vue, une contradiction dans l'enseignement chrétien, qui mérite de la réflexion.

On peut réellement se demander si les premiers chrétiens, après avoir noirci leurs adversaires politiques et tout ce qui se rapportait à eux, n'ont pas, après coup, tout bonnement "récupéré" ce dont ils reconnaissaient bien la valeur évidente. Tous ceux qui connaissent un peu les lois de l'histoire et de la politique, savent que c'est monnaie courante que de reprendre les bonnes idées de l'ennemi après avoir essayé en vain ou avec succès, de les ridiculiser.

VI. JULIEN ET LA GNOSE CHRETIENNE

Une question subsiste. Un homme instruit, éclairé, ouvert et tolérant, comme le Julien que nous révèlent tant d'autres passages, a-t-il méconnu l'incontestable authenticité et profondeur du message christique ? Lui qui a été élevé et instruit pendant vingt ans dans la nouvelle religion, et qui a dit : "Je suis lent à condamner" (Lettres, XXXXVI, 376b), s'est-il trompé sur ce point non négligeable ?

Disons-le tout de suite : l'Apostat ne semble pas tant avoir horreur de l'enseignement du Christ, que vomir celui des chrétiens qui, eux, le présentent comme un "nouveau" message (cf. Lettres, XXXXVII, 433b). Julien a écrit un traité non contre les Saintes Ecritures, mais contre les chrétiens, ou contre ceux qui se prétendent tels.

Encore convient-il de préciser que si l'Empereur exécrait par exemple saint Athanase, il traite en véritable ami et en "homme sensé" saint Basile, dont il apprécie les "paroles d'or" :

"Car nous nous fréquentons sans cette hypocrisie que pratiquent les courtisans, et dont tu as fait jusqu'ici l'expérience, je crois. Cette hypocrisie fait que ceux qui louent, haïssent en réalité d'une haine qu'ils n'éprouvent même pas à l'égard de leurs pires ennemis. Mais s'il le faut, c'est avec une honnête franchise que nous nous réfutons et critiquons, sans que notre amitié mutuelle en devienne inférieure à celle des plus grands amis." (Lettres, XXVI, 381b-c) (19)

Il y a plus : Julien ne cache pas sa vénération pour le Dieu des Juifs et des chrétiens, "le Dieu tout puissant et créateur qui a daigné me couronner de sa main droite immaculée" (Lettres, LI, 397c). C'est assurément un comportement inhabituel pour un "apostat". Il reproche précisément aux chrétiens de ne pas le vénérer comme il convient, c'est-à-dire en imitant Abraham - reproche déjà adressé par le Christ aux Juifs (20) :

"Par les dieux ! je suis pourtant un de ceux qui évitent de célébrer des fêtes en compagnie des Juifs. Cependant, sans cesse j'adore le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Etant Chaldéens et appartenant à une race sainte et théurgique, ceux-ci apprirent la circoncision lors de leur séjour comme étrangers en Egypte, et ils vénérèrent un Dieu qui s'est toujours montré bienveillant à mon égard et à l'égard de ceux qui, comme Abraham, le vénèrent. Car c'est un Dieu très grand et puissant, mais qui n'a rien à voir avec vous ! En effet, vous n'imitez pas Abraham en lui érigeant des autels, en construisant des lieux de sacrifice ou en célébrant le culte au moyen de sacrifices, comme le faisait Abraham. Car Abraham sacrifiait, comme nous, sans cesse et continuellement." (Gal., 354a-356c)

Julien semble reprocher aux chrétiens de ne pas comprendre leurs propres Ecritures. Dans le traité qu'il leur destine, il leur pose sans cesse des "colles", parfois bien embarrassantes :

"Le serpent parle à Eve. Quel langage dirons-nous qu'il emploie? Le langage humain ? Alors en quoi ces choses diffèrent-elles des mythes inventés par les Grecs ?" (Gal., 86a)

Le traité abonde en ce genre de questions, dont Porphyre s'était déjà fait une spécialité. Elles paraissent moins destinées à ridiculiser les Ecritures qu'à suggérer aux chrétiens que sans exégèse en profondeur, elles restent incompréhensibles (21). Julien semble vouloir inculquer cette idée que l'Ecriture n'est PAS CLAIRE. Ainsi, Moïse "ne semble pas avoir tout dit" (Gal., 66a) ; il a "voilé en connaissance de cause" (ibid., 146a) ; il "n'enseignait pas ouvertement" (ibid., 290e) ; de même, Jean parlait "sans être clair ni net" (ibid., 213c) ; il "trompe pour ainsi dire insensiblement et secrètement" (ibid., 327c), ou encore "se tait par pudeur" (ibid., 327b) ; Matthieu "trompe la simplicité de ceux parmi les Gentils qui ont cru" (frg. 7) ; quant à Paul, il "surpasse tous les magiciens et imposteurs de tout lieu et de tout temps" (Gal., 100a). En résumé, "L'Ecriture est en quelque sorte ambiguë" (ibid., 253d), et donc trompeuse.

Dès le début de son traité, Julien met ses adversaires en garde. Il convient de comprendre DE L'INTERIEUR :

"S'ils veulent me contredire, mes lecteurs doivent faire comme au tribunal et ne rien examiner indiscrètement du dehors."(Gal., 41e)

On peut voir là une allusion à un savoir "ésotérique", mot qui effraie tant de chrétiens, encore de nos jours, bien que le Christ lui-même écartât ceux qui comprenaient de manière "exotérique", en restant à l'extérieur (Marc, 4, 11). Et Julien ose affirmer ce qui, encore aujourd'hui, fait frémir (de rage et d'impuissance ?) tant de "would be" chrétiens :

"Ce qu'il en est exactement du divin, il n'est pas facile à tous de le connaître, ni possible à ceux qui connaissent d'en parler devant tous." (Gal., 52b)

Saint Paul, notamment, a célébré la GNOSE ou SCIENCE de Dieu. Qu'en est-il des chrétiens ?

"Dieu vous a-t-il donné un principe de science ou un enseignement philosophique ? Et de quel genre ?" (Gal., 178a)

"Avez-vous encore l'audace de vous vanter d'une GNOSE de Dieu ?" (ibid., 135d)

La question de Julien suggère qu'en ce temps-là, certains imprudents peut-être y prétendaient encore ; de nos jours, on le sait, les chrétiens nient farouchement ce qu'ils ne possèdent plus. Il est vrai que la GNOSE ne s'obtient pas par des voies ordinaires :

"La connaissance de Dieu ne s'enseigne pas, mais c'est par croissance naturelle que les hommes l'acquièrent." (Gal., 52b)

"L'Esprit qui vient des dieux aux hommes, ne se présente que rarement et dans peu de gens, et il n'est pas facile à tout homme d'y participer, ni en tout moment." (ibid., 198b-c)

Julien rappelle que la base de toute pratique religieuse véritable est l'EXPERIENCE. Ainsi, Jean n'aurait écrit que ce qu'il a vu (cf. frg. 4). Dans cette optique, l'Empereur lance aux chrétiens un défi :

"Si l'expérience ne témoigne pas de nos dires, qu'on tienne notre tradition pour une fiction qui relève d'une crédulité absurde, et qu'on approuve la vôtre. Mais si c'est tout le contraire, et si nos dires trouvent depuis toujours un témoignage dans l'expérience, et si rien ne semble jamais s'accorder aux vôtres, pourquoi persistez-vous à chercher les querelles ?" (Gal., 115e-116a)

Mais peut-être les chrétiens ont-ils peur de l'expérience ? Et qui oserait les blâmer, si elle se révèle terrifiante ?

"Rien n'empêche, à mon avis, que Dieu ne soit grand ; mais il se peut qu'il ait des prophètes ou des exégètes sans valeur. La raison en est qu'ils n'ont pas accepté de purifier leur âme au moyen d'enseignements cycliques, ni d'ouvrir leurs yeux bien fermés, ni d'éclaircir la nuée qui les couvre. Au contraire, les hommes voient comme une grande lumière à travers un brouillard, sans pureté ni clarté. Convaincus qu'il s'agit là, non d'une lumière pure, mais d'un feu, et ne voyant pas tout ce qui l'entoure, ils s'exclament à haute voix: "Horreur !... Sauve qui peut ! Un feu ! Une flamme ! La mort ! Un couteau ! Une épée !" C'est donc par de nombreux termes qu'ils expliquent la puissance nuisible du feu, qui est une. Mais à ce sujet, il vaudrait mieux démontrer en privé, à quel point sont inférieurs à nos poètes ces maîtres qui enseignent les paroles sur Dieu !" (Lettre à un prêtre, 295d-296b)

Ceux que Julien décrit ci-dessus, "n'y ont vu que du feu" ! C'est sans doute à cette crainte de l'expérience qu'il faut rattacher le fait que la plupart des chrétiens se contentent des images, au lieu de chercher la réalité vivifiante :

"O Malheureux ! Nous gardons chez nous le bouclier tombé du ciel, que le grand Zeus ou père Arès nous a envoyé, nous donnant ainsi un gage, non en parole mais en fait, parce que ce bouclier protège notre cité pour toujours (22). Mais vous qui avez cessé de l'adorer et de le vénérer, vous adorez le bois de la croix en esquissant son image sur votre front et en l'inscrivant devant votre demeure." (Gal., 194c-d)

"Abraham reçoit le gage, et ajoute qu'un gage sans vérité ne paraît être qu'une forme de stupidité, comme celle de quelqu'un frappé par la foudre. Car il n'est pas possible de voir la vérité en partant d'un simple mot, mais il faut encore que les paroles soient accompagnées d'un signe visible, dont l'apparition donne l'assurance à l'égard de la prédiction faite sur l'avenir." (Ibid., 358e)

Quel gage reçut Abraham - cet Abraham que Julien prétendait imiter ?

"Dites-moi à présent, pourquoi l'ange ou Dieu, qui s'entretenait avec lui, le conduisit au-dehors et lui montra les étoiles ? Car même en demeurant à l'intérieur, ne savait-il pas quelle était la quantité des étoiles qui apparaissent et étincellent sans cesse la nuit ? Mais à mon avis, il voulait lui montrer les étoiles filantes, afin de lui offrir, comme gage visible de ses paroles, l'accord du ciel, qui accomplit et confirme tout (23).

Qu'on n'aille pas supposer qu'une telle exégèse soit forcée !" (Gal., 356e-358c)

Julien n'avait manifestement pas peur d'expliquer certains passages de l'Ecriture dans un sens gnostique. En fin de compte, on peut se demander si l'Empereur, malgré son aversion pour les chrétiens, n'était pas en contact avec des cercles chrétiens gnostiques, pour autant que ceux-là subsistaient encore. Il ne s'agit là que d'une hypothèse de notre part, à l'appui de laquelle nous aimerions citer deux passages.

Le premier est un commentaire sur le récit de la Genèse, du serpent qui séduit Eve. Il se rapproche à tout point de vue de l'enseignement des ophites, gnostiques chrétiens du IIe siècle. "Ils adoraient le serpent qui, en incitant Eve à manger du fruit défendu de l'arbre de la science (la gnose), avait permis aux hommes d'accéder à la connaissance." (24)

"Dieu défend aux hommes formés par lui la GNOSE qui distingue le bien et le mal. N'est-ce pas excessivement étrange ? Car qu'y aurait-il de plus stupide que l'incapacité de discerner le bien et le mal ? Il est évident, en effet, qu'on n'arrivera pas à éviter l'un, je veux dire le mal, ni à suivre l'autre, je veux dire le bien. En somme, Dieu a défendu à l'homme de goûter de la sagesse, alors que rien ne pourrait être plus précieux pour l'homme. Car la GNOSE qui distingue le bien et le mal est l'oeuvre propre à la sagesse. Voilà ce qui est évident, je crois, même pour les insensés ! Par conséquent, le serpent est plutôt un bienfaiteur, et non un fléau pour la race humaine.

En outre, on raconte que Dieu est jaloux. Car ayant vu que l'homme avait eu part à la sagesse, et pour qu'il ne goûte pas, dit-il, de l'arbre de vie, il le jeta hors du paradis, en disant expressément : "Voici qu'Adam est devenu comme un d'entre nous, connaissant le bien et le mal. Et maintenant, qu'il ne tende jamais la main pour prendre de l'arbre de vie, pour manger et vivre éternellement." (Gen., 3, 22)

Et bien ! si chacune de ces choses n'est pas un mythe contenant un enseignement secret, ce dont je suis pour ma part convaincu, alors ces paroles sont chargées de beaucoup de blasphèmes à l'égard de Dieu. Car ignorer que celle qui est créée comme aide sera responsable de la chute, et interdire la GNOSE du bien et du mal, la seule chose qui semble contenir l'intellect humain, et en outre être jaloux et empêcher l'homme mortel de devenir immortel par la participation à l'arbre de vie, tout cela appartient à un être extrêmement jaloux et envieux." (Gal., 89a-94a)

Les ophites, semble-t-il, n'existaient plus au temps de Julien, mais on sait qu'ils "professaient une doctrine assez proche de celle des valentiniens" (25). Or, non seulement les valentiniens ou disciples de Valentin existaient encore au IVe siècle, mais Julien, dans une lettre où se mêlent sévérité et humour, prend leur défense contre les Ariens :

"Je traite tous les Galiléens avec douceur et humanité, au point que personne, en aucun lieu, ne subit de la violence, n'est traîné vers le temple ou n'est menacé contre son gré d'une autre insolence de ce genre.

Mais les adhérents de l'Eglise des Ariens, que la richesse a ramollis, se sont attaqués aux disciples de Valentin et ont osé faire à Edesse ce qui ne se ferait jamais dans une cité bien gouvernée.

Par conséquent, puisque leur admirable loi leur prescrit d'embrasser la pauvreté, pour entrer plus facilement dans le Royaume des cieux, nous avons donné l'ordre, pour assister ces hommes dans leur effort, d'enlever à l'Eglise des habitants d'Edesse toutes ses richesses, pour les donner aux soldats, et d'ajouter ses possessions à nos biens privés. Ainsi, la pauvreté les rendra sages et ne les privera pas du Royaume céleste qu'ils en sont encore à espérer.

Nous ordonnons aux habitants d'Edesse de s'abstenir de toute sédition ou querelle, afin d'éviter qu'en suscitant mon humanité à votre égard, vous ne soyez condamnés pour désordre public, par l'épée, l'exil ou le feu." (Lettres, XXXX, 424c-425a)

Il est donc possible que l'Empereur avait quelque attachement ou sympathie pour les gnostiques héritiers de Valentin.

VII. CONCLUSION

Que conclure de ce rapport sévère établi par Julien ? Ne nous a-t-on pas toujours appris que les chrétiens étaient et sont des gens recommandables par leur foi, leur vertu, leur droiture et leurs bonnes moeurs ? Certes, ils seront eux-mêmes les premiers à avouer que tout n'est pas rose chez eux, qu'on trouve parmi eux "encore" des imperfections, et qu'après tout, ils sont pécheurs, comme tout le monde.

Mais de tels aveux n'engagent que rarement les chrétiens à se remettre en cause, dès qu'il s'agit de se comparer aux païens. Quoi qu'il en soit, ceux-ci sont alors les "méchants", les chrétiens, eux, les "bons". Ce qui n'est pas moins douteux, c'est que le christianisme a apporté un "progrès" à l'humanité.

On oublie que pendant des siècles, c'est là le son de cloche produit et répandu par les vainqueurs du paganisme. Habitués à ce son, nous n'en connaissons pas d'autre. Les partis politiques, les journalistes politiquement engagés, les agences publicitaires, les commerçants, etc. ne varient jamais l'essence de leur message : "les meilleurs, c'est nous !" Or, c'est bien à des marchands et à des gens épris de pouvoir que Julien compare les chrétiens.

Avec effroi, Julien observe comment une culture sublime, une des plus grandes qu'ait connue l'humanité, sombre peu à peu dans le désordre et l'ignorance. Il est indéniable que cette situation a été en quelque sorte suscitée de l'intérieur. Les conquêtes de Rome, tout en favorisant la diffusion de son héritage spirituel et intellectuel, provoquaient en même temps l'épuisement de sa race. L'esclavage à outrance et un accueil de plus en plus vaste des peuplades barbares au sein de l'Empire ne sont pas non plus étrangers à l'esprit de décadence qui s'infiltrait dans toute la société.

Mais il est certain que la chute de l'Empire romain fut hâtée par une véritable révolution, une des plus extraordinaires et hargneuses qu'on puisse s'imaginer. Selon Julien, elle fut menée de main de maître par des clercs, des évêques, qui en véritables démagogues manipulaient une foule ignorante et sans instruction, issue des couches les plus basses et les plus pauvres. Cette populace se signalait par sa vulgarité, sa grossièreté et sa violence.

Ce qui unissait cette foule, c'était une idéologie plutôt qu'une religion ou une philosophie véritable. Pouvait-il en être autrement ? Que peut comprendre Monsieur Tout-le-monde au message profond du Christ ? L'enseignement a donc été nivelé ; il fallait atteindre et persuader même les plus bornés parmi les rustres pour grossir les rangs. La foule, par définition, rejette ce qui la dépasse ; elle avilit tout.

La situation s'est en quelque sorte perpétuée jusqu'à nos jours, où même les chrétiens les plus instruits croient devoir dénoncer la GNOSE, ou SCIENCE de Dieu, pourtant bien attestée par les Saintes Ecritures. Les gnostiques chrétiens sont accusés et condamnés. Cette triste absurdité est cependant dans la logique des choses. Les gnostiques chrétiens avaient bien des choses en commun avec les païens, ne s'intéressaient sans doute pas aux choses du monde, et n'auraient pas hésité à dénoncer les manigances de ces agitateurs, qui abusaient d'un enseignement sublime pour s'installer confortablement dans ce bas-monde.

La meilleure preuve qu'on puisse fournir d'une certaine "mauvaise foi" des chrétiens, c'est bien cette attitude ambiguë qui consiste à dénigrer, rapetisser, ridiculiser tout ce qui est d'inspiration païenne et prétendument démoniaque ; puis, à récupérer tout, absolument tout ce qui est païen, parce que c'est bien le seul moyen de préserver une certaine civilisation. Que l'on considère les cours donnés à l'école : le latin, le grec, les mathématiques, la physique, la biologie, l'histoire, la géographie, la musique, la gymnastique... tous ces cours ont une dénomination et une origine grecque ou latine ; ils sont imbus d'éléments hérités de l'Antiquité païenne à laquelle l'enseignement christique n'a absolument rien ajouté. En matière de morale, les chrétiens n'ont rien inventé de neuf par rapport aux païens. La seule chose qui a changé, c'est l'enseignement religieux.

L'ironie veut que de nos jours, où l'esprit barbare envahit de plus en plus notre société, les écoles chrétiennes sont encore, dans l'ensemble, les défenseurs les plus sûrs de l'enseignement traditionnel, c'est-à-dire d'origine païenne !

Remarquons que cette situation (cocasse en quelque sorte) illustre bien la parole de Julien, selon laquelle Jésus et Paul n'avaient pas prévu que les chrétiens seraient un jour les maîtres du monde. En d'autres termes, leur enseignement n'avait rien prévu en matière de politique, d'éducation, de législation, d'administration. Tout ce qui pouvait y contribuer, devait être puisé dans les écrits païens.

Les écrits de Julien ont échappé comme par miracle à l'inquisition chrétienne. Nous ne connaissons pas d'autre critique qui soit aussi sévère et impitoyable à l'égard des chrétiens, que la sienne. Tant qu'à tout prendre des païens, autant y rajouter encore ce réquisitoire!

A. Lynxe

NOTES

(1)La première partie a paru dans Le Fil d'Ariane, n° 53-54, pp. 6-28. Nous rappelons que la traduction des extraits a été faite sur base de l'édition Loeb, The Works of the Emperor Julian, en trois volumes, Londres, avec une traduction anglaise de W.C. Wright. Notre article était déjà achevé quand nous avons pris connaissance de l'ouvrage Contre les Galiléens, introduction, traduction et commentaire par Christopher Gérard, éd. Ousia, 1995. M. Gérard y arrive à peu près aux mêmes conclusions que celles présentées dans notre étude.

(2)Cf. le retentissant Procès à Porphyre, dans Le Fil d'Ariane, n° 20, pp. 23-36, et n° 21, pp. 53-68 ; procès qui valut à l'accusé une condamnation ignominieuse, et à son réfutateur, M. Feye, la réputation d'un champion du christianisme.

(3)Toutes ces accusations, ou presque, reviennent à plusieurs reprises dans les extraits que nous citerons. Pour l'accusation de paganisme, cf. Lettres, LV, où le christianisme est taxé de "religio agrestis : religion rustique, paysanne, païenne". Porphyre (cf. F.A. N° 20, p. 31, et la note 8) s'était exprimé de manière comparable.

(4)Crampon traduit : "Tu ne blasphémeras pas contre Dieu". Mais saint Jérôme, dans la Vulgate, traduit : "diis non detrahes : tu n'enlèveras pas aux dieux", ou : "tu ne ravaleras, rabaisseras pas les dieux". Les Septante maintiennent également un pluriel, "dieux". Les Modernes ne manqueront sans doute pas d'en vouloir à saint Jérôme et aux Septante pour cette "distraction".

(5)Allusion à Actes, 10 et 13, 1 - 12.

(5bis)Passage bien curieux ! L'Empire romain, depuis la fondation de Rome en 753 av. J.-C. jusqu'à la chute de Constantinople en 1453, a duré plus de deux mille ans. Ou Julien, avec ses dons de divination, ferait-il allusion à une existence bimillénaire du christianisme ? En tout cas, Jésus, lui, a refusé le pouvoir temporel proposé par le Prince de ce monde.

(6)Cf. I-Cor., 8, 7-13.

(7)Sur l'aspect essentiellement ésotérique du christianisme primitif, impliquant l'impossibilité de toute application dans un domaine exotérique quelconque, législatif notamment, cf. l'article de J.M. d'Ansembourg, La thèse de René Guénon sur les origines du christianisme, dans : Le Fil d'Ariane, n° 39, pp. 56-79. Voir aussi Et la Gnose ? de J.-A. Devos-Hornett, dans le F.A. N° 53-54, pp. 29-52, notamment p. 33.

(8)Cf. Rom. 1, 23 : "ils ont échangé la majesté du Dieu incorruptible pour des images représentant l'homme corruptible".

(9)L'historien Gibbon (Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, trad. de Guizot, éd. Robert Laffont, Paris, 1983, p. 543, note 5) cite les mots qu'un poète place dans la bouche de Constantin :

"Les saints autels n'étaient à mes regards

Qu'un marchepied du trône des Césars..."

Gibbon ajoute : "Le poème d'où sont tirés ces vers peut être lu avec plaisir, mais la décence défend de le nommer."

(10)Allusion à l'expédition des Sept contre Thèbes. Cf. la tragédie du même nom, d'Eschyle.

(11)Littéralement "un Jésus tourné sens dessus dessous". La traduction de Wright, "who had taken up his abode" ("qui s'était installé"), est incompréhensible.

(12)Echo de Jean, 12, 6 ? Jésus y dit à Judas : "Car vous aurez toujours des pauvres avec vous..."

(13)En grec ils sont strictement ceux qui s'occupent des héritages. Cf. I-Pierre, 5, 2-3 : "Faites paître le troupeau de Dieu qui est en vous..., et non en vous rendant maîtres des héritages..."

(14)Litt. "pitié, miséricorde".

(15)Il s'agit d'un père spirituel, avec qui Julien semble être resté en bons termes (cf. Lettres, XV).

(16)Cf. Odyssée, X, 73-74.

(17)Il s'agit notamment des chrétiens "orthodoxes", exilés par l'Arien Constance.

(18)Après avoir parlé de l'exclusion des enseignants chrétiens, Julien semble aborder à présent la question des élèves chrétiens.

(19)Julien avait fait ses études à Athènes en compagnie de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze. Grégoire a écrit de violentes invectives contre Julien. Celui-ci reste muet au sujet de cet ancien condisciple.

(20)Cf. Jean, 8, 39.

(21)De même, Porphyre faisait allusion à "un sens qui aurait plus de rapport aux mystères et qui serait plus intéressant", à "la totalité du sens des choses cachées" (F.A., n° 20, p. 31) ; il rappelle au sujet des Evangélistes, qu'"il n'y a pas de raison pour qu'ils aient parlé clairement" (n° 21, p. 54), et : "en chacune de ces histoires nous rechercherons du plus fin" (p. 57).

(22)Il est question du fameux "ancile", bouclier tombé du ciel sous le règne de Numa, au début de l'existence de Rome.

(23)Cfr. Gen., 15, 5. "Accord (du ciel)", en grec litt. "PIERRE".

(24)Hervé-Masson, Dictionnaire des hérésies dans l'Eglise catholique, éd. Sand, 1986, p. 217.

(25)Ibid.

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