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LE TAROT DE L'AURUM SOLIS

Système ultime unissant théurgie et astrologie, le Tarot de l’Aurum Solis puise dans un riche héritage enraciné dans les sources méditerranéennes antiques de la tradition ésotérique occidentale. Au sein de l’Aurum Solis, cette sagesse vivante continue de se transmettre à travers la Chaîne d’Or des initiés.

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Bref historique

L’Aurum Solis se considère comme un héritier de la sagesse méditerranéenne antique dont sont issues les traditions hermétiques et théurgiques. L’Égypte des périodes hellénistique et romaine constitua un cadre important de leur développement, où la philosophie et les traditions religieuses grecques rencontrèrent les enseignements sacrés égyptiens. Alexandrie devint l’un des grands centres de ces échanges. La figure d’Hermès Trismégiste, réunissant l’Hermès grec et le Thot égyptien, incarne cette rencontre entre univers spirituels.

Au fil des siècles de transformations religieuses, de conflits et de renouveau, des éléments de cet héritage ont subsisté à travers les manuscrits, l’enseignement philosophique, l’imagerie symbolique et la pratique spirituelle. Selon son propre récit initiatique, l’Aurum Solis comprend la tradition hermétique et théurgique comme une transmission vivante, préservée et renouvelée par des générations successives d’initiés. Cette continuité s’exprime à travers l’image de l’Aurea Catena, la Chaîne d’Or.

La Renaissance suscita un puissant regain d’intérêt pour ces sources antiques. Georges Gémiste Pléthon, le philosophe platonicien byzantin associé à Mistra, occupe une place centrale dans la lignée honorée par l’Aurum Solis. L’Ordre le reconnaît comme un Grand Maître et un représentant majeur de son héritage spirituel. Sa présence en Italie lors du concile de Ferrare-Florence, en 1438–1439, contribua au renouvellement de la rencontre entre la philosophie grecque et l’humanisme italien.

Au cours des décennies suivantes, Marsile Ficin, soutenu par Cosme de Médicis, devint une figure majeure du renouveau des philosophies platonicienne et hermétique. Ses traductions et ses enseignements, ainsi que le cercle intellectuel associé à Florence et à Careggi, donnèrent une nouvelle expression à cet héritage. Dans la tradition de l’Aurum Solis, ce renouveau revêt également une signification initiatique : les enseignements antiques étaient destinés à être étudiés, contemplés et mis en pratique.

Les arts symboliques offraient un moyen d’exprimer cette vision. Les images pouvaient réunir différents niveaux de sens, présentant des sujets accessibles tout en invitant à une interprétation philosophique et spirituelle plus profonde. C’est dans cette culture plus vaste de l’expression symbolique que l’Aurum Solis aborde le Tarot.

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Les images de la Renaissance et le Tarot

Les plus anciens jeux de tarot conservés proviennent de l’Italie du XVe siècle. Parmi les plus célèbres figurent les cartes Visconti-Sforza, dont beaucoup sont attribuées à Bonifacio Bembo et à son atelier. Leur iconographie reflète la culture de cour, religieuse et allégorique de la Renaissance. Ces cartes appartiennent à l’histoire documentée du Tarot ; les principes spirituels que l’Aurum Solis explore à travers son propre Tarot relèvent d’un héritage plus vaste et plus ancien.

Une autre remarquable série d’images de la Renaissance est communément appelée le « Tarot de Mantegna ». Composée de cinquante gravures, elle possède une structure qui lui est propre. Ses sujets vont des conditions humaines et des arts libéraux aux vertus, aux sphères célestes et aux principes supérieurs du cosmos. Cette vision ordonnée de l’humanité et de l’univers offre de riches possibilités d’interprétation philosophique et ésotérique.

Les circonstances de sa création demeurent un sujet de recherche historique. Son iconographie se prête à une interprétation dans le cadre intellectuel du platonisme de la Renaissance. Les récits évoquant une commande secrète et un usage initiatique relèvent des interprétations ésotériques de cette série. Pour l’Aurum Solis, son importance réside dans la capacité des images symboliques à exprimer les relations entre la vie humaine et l’ordre divin.

La structure familière des vingt-deux arcanes majeurs devint par la suite le fondement de nombreux systèmes ésotériques. Les correspondances avec l’alphabet hébraïque et la Qabale appartiennent au développement ultérieur du Tarot occulte et reflètent les intérêts et les enseignements de ses interprètes successifs. Dans l’enseignement de l’Aurum Solis, les réalités spirituelles explorées à travers ces images dépassent toute organisation particulière des cartes.

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Trois usages du Tarot

Au fil du temps, le Tarot a connu trois usages principaux :

  1. Comme jeu de cartes, apprécié pour ses règles, sa stratégie et sa convivialité.

  2. Comme instrument de divination, utilisant les relations symboliques pour explorer des situations, des influences et des possibilités.

  3. Comme support de contemplation et de pratique théurgique, dans lequel les images servent de clés donnant accès à des états de conscience et à des puissances divines.

Le Tarot de Marseille devint une référence importante pour les développements ésotériques ultérieurs, aux côtés d’autres jeux et systèmes. Dans une approche théurgique, une carte peut fonctionner comme une image talismanique : un point de concentration pour l’attention, l’imagination, l’invocation et le rituel. Sa signification englobe à la fois l’expérience intérieure du pratiquant et sa relation avec l’ordre plus vaste du cosmos.

L’Aurum Solis développe cette troisième approche à travers un système spécifiquement accordé à ses enseignements hermétiques et théurgiques. Les clés de son Tarot sont destinées à exprimer avec une clarté particulière les puissances divines et les correspondances utilisées dans la pratique de l’Ordre. Elles visent à établir une relation précise entre la compréhension symbolique, l’expérience contemplative et l’action rituelle.

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Un héritage vivant

Le Tarot de l’Aurum Solis donne à ces principes une forme destinée à la pratique contemporaine. Selon la tradition de l’Ordre, ses clés expriment un savoir préservé au sein de la lignée initiatique et reflété dans l’héritage symbolique des mondes antique et renaissant.

Cette approche établit une relation cohérente entre astrologie, contemplation et rituel. Chaque clé est comprise comme un point de contact entre un principe divin, une correspondance cosmique et une dimension de la conscience humaine. L’étude donne un sens à l’image ; la contemplation en approfondit la présence ; le rituel l’inscrit dans le travail vivant de la tradition.

L’Aurum Solis présente ainsi son Tarot comme une expression de la sagesse antique dont il est l’héritier. À travers la Chaîne d’Or, cet héritage est compris comme une responsabilité : préserver les enseignements, éclairer leur sens et leur donner vie par la pratique.

Les clés cachées
 

L’héritage cosmologique de l’Aurum Solis puise dans les traditions antiques de la Chaldée, de l’Égypte et du monde grec. Dans l’enseignement de l’Ordre, trois nombres expriment des dimensions complémentaires du cosmos : cinq éléments — les quatre éléments auxquels s’ajoute l’Éther —, sept planètes traditionnelles et douze signes du zodiaque. Ces nombres réunissent les symbolismes élémentaire, planétaire et zodiacal dans un ordre sacré unifié.

Ensemble, ils donnent vingt-quatre principes, qui constituent le fondement des vingt-quatre Arcanes majeurs du Tarot de l’Aurum Solis. Cette organisation donne à la Terre et à l’Éther toute leur place au sein du système. Dans The Divine Arcana of the Aurum Solis, Jean-Louis de Biasi explore la distinction entre cette structure et l’organisation familière en vingt-deux cartes, présentant l’interprétation de l’Ordre quant à la manière dont les cadres bibliques et qabalistiques ont façonné les correspondances ésotériques ultérieures. Dans la pratique de l’Ordre, l’inclusion des cinq éléments favorise une relation équilibrée entre le pratiquant et le cosmos.

Chaque élément, planète et signe du zodiaque est associé à une divinité particulière ainsi qu’à des correspondances faisant intervenir des lettres grecques et hébraïques et des hiéroglyphes égyptiens. Chaque carte possède également des noms sacrés et des gestes associés à son usage rituel. Les textes antiques et les objets archéologiques fournissent des sources pour nombre des symboles et des associations réunis dans ce système. Leur organisation en un ensemble cohérent de clés du Tarot exprime l’enseignement particulier préservé et pratiqué par l’Aurum Solis.

Les Arcanes mineurs développent ces relations à travers quatre séries élémentaires. Dans l’approche de l’Ordre, l’interaction entre les éléments et le zodiaque fournit une clé pour comprendre leur structure. L’iconographie planétaire et zodiacale du Tempio Malatestiano de Rimini, ainsi que les manuscrits astrologiques de la Renaissance, offrent un riche cadre symbolique pour contempler ces relations.

Les Arcanes mineurs du Tarot de l’Aurum Solis comprennent donc quatre séries de douze cartes, soit quarante-huit cartes. Chaque carte réunit l’élément qui gouverne sa série et la qualité élémentaire associée à un signe particulier du zodiaque. Cette organisation offre un cadre permettant d’explorer l’interaction des puissances élémentaires à travers l’ensemble du zodiaque.

Des tableaux résumant ces correspondances traditionnelles figurent dans le livret accompagnant le jeu de Tarot et sur ce site. Des enseignements complémentaires et des conseils pratiques sont proposés dans The Divine Arcana of the Aurum Solis. Initialement publié par Llewellyn Publications, cet ouvrage fait l’objet d’une préparation en vue de sa réédition dans une nouvelle version augmentée.

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Chant de louange
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La divination est un aspect essentiel de la pratique du Tarot de l’Aurum Solis. Le Chant de louange, présenté ci-dessous dans son intégralité, est utilisé dans de nombreux rites divinatoires. Deux de ces rites sont disponibles sur ce site. Des indications complémentaires figurent dans le livret téléchargeable sur cette page.

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Extrait

Éther
« Vent de l’Esprit, rayonnant Saint Pinacle !
Vie des vivants, souffle évanescent.
Ta Gloire est éternelle et ta présence passagère est ressentie par tous.
Va, annonce le retour des voyageurs ! »

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Tempio Malatestiano
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Le Tempio Malatestiano de Rimini, sur la côte adriatique italienne, offre un remarquable point de rencontre avec l’héritage préservé par l’Aurum Solis. Commandée par Sigismondo Pandolfo Malatesta, l’ambitieuse transformation de l’église médiévale San Francesco introduisit des formes architecturales classiques et un extraordinaire programme symbolique dans un cadre religieux chrétien.

L’édifice conserve également un lien direct avec Georges Gémiste Pléthon. Malatesta fit transporter sa dépouille de Mistra à Rimini, où elle fut déposée dans un sarcophage placé dans une niche extérieure voûtée du temple. Son tombeau s’y trouve encore aujourd’hui. Pour la tradition théurgique préservée par l’Aurum Solis, ce transfert revêt une profonde signification symbolique, honorant la place de Pléthon dans la transmission de la sagesse antique à l’Italie de la Renaissance. Sa présence confère au monument une signification particulière comme lieu de rencontre entre mémoire, philosophie et symbolisme sacré.

Le portail d’entrée comprend un fronton triangulaire de style antique, tandis que les colonnes disposées de part et d’autre contribuent à la composition monumentale de la façade. Ces éléments architecturaux participent au riche dialogue du temple entre formes classiques et signification spirituelle. La relation de Malatesta avec le pape Pie II évolua vers un conflit ouvert, et l’iconographie classique de l’édifice figura parmi les critiques formulées par le pape.

Le programme symbolique du temple comprend huit chapelles et quatorze niches extérieures voûtées destinées à accueillir des sarcophages. Les huit chapelles possèdent une résonance particulière dans la tradition hermétique, où le symbolisme de l’Ogdoade invite à contempler la régénération spirituelle et l’ordre divin.

L’une des chapelles présente les Sibylles, figures de sagesse prophétique. La remarquable chapelle des Planètes représente les sept divinités planétaires et les douze signes du zodiaque, dont l’iconographie classique invite à une lecture néoplatonicienne des rapports entre l’ordre céleste et la vie humaine. Pour l’Aurum Solis, ces représentations offrent une expression visible des correspondances reliant l’être humain au cosmos.

Dans son propre enseignement, l’Aurum Solis interprète ces images comme les expressions de principes également préservés dans sa tradition intérieure. La relation entre le monument et le système rituel de l’Ordre s’inscrit dans sa compréhension initiatique de cet héritage. Les sculptures elles-mêmes constituent un témoignage historique de l’iconographie cosmologique de la Renaissance ; leur application au sein de l’Aurum Solis confère à cette iconographie une finalité contemplative et théurgique précise.

Dans cette perspective, le temple peut être abordé comme un livre d’images sacrées. Ses figures planétaires et zodiacales invitent à contempler les correspondances entre l’être humain et le cosmos. Dans la pratique de l’Ordre, les symboles qui leur sont associés deviennent des supports d’invocation, de divination et d’harmonisation intérieure.

Réunissant architecture monumentale, imagerie sacrée et symbolisme cosmologique, le Tempio Malatestiano donne une forme visible à une riche vision spirituelle. Selon l’interprétation cultivée par l’Aurum Solis, le tombeau de Pléthon et le programme symbolique du temple expriment ensemble la présence durable de cet héritage spirituel.

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Adapté du cours sur le Tarot de l'Aurum Solis

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